GNOME 3 en sept questions

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Par : MohamedElmorabity
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Auteur / Éditeur : MohamedElmorabity

La nouvelle version de l’environnement de bureau GNOME est sortie le 6 avril 2011 et Fedora, fidèle à son crédo d’innovation, sera la première distribution à la proposer par défaut dans Lovelock. Placée sous le signe de l’ergonomie et de l’efficacité, cette version introduit, au travers du gestionnaire de fenêtres GNOME Shell, un nouvel environnement utilisateur élégant et original. Nous vous proposons, au travers de sept questions que vous pourriez vous poser, un tour d’horizon de GNOME 3 qui vous aidera à mieux l’appréhender.

Pourquoi une nouvelle version ?

L’environnement de bureau GNOME est indéniablement populaire, au point d’être le bureau par défaut de nombreuses distributions Linux populaires, voire d’être considéré de facto comme le bureau Linux par excellence. Cependant, son design, du moins tel qu’on le connaissait jusqu’ici avec GNOME 2, avec un panneau applicatif en haut de l’écran et une liste de fenêtres en bas (voir figure ci-dessous), n’avait guère évolué depuis sa première version publiée en 2002. Le poids des années s’est donc fait sentir pour GNOME tandis que d’autres environnements majeurs, qu’ils soient libres (KDE par exemple) ou propriétaires (Aero pour Windows, Aqua pour Mac OS X), se sont entre-temps renouvelés.

GNOME 2 et son interface (ici GNOME 2.32 sous Fedora 14)

Par ailleurs, de l’aveu même de ses développeurs, GNOME 2 souffre de quelques défauts nuisant à son ergonomie (*), particulièrement pour les néophytes. Le projet GNOME a ainsi identifié dans GNOME 2 les composants suivants, parmi d’autres, susceptibles d’être améliorés :

  • la liste de fenêtres, dans laquelle il devient difficile d’identifier une application particulière ouverte dès qu’il y en a plus de quatre ;
  • les espaces de travail, qui, en dépit de leur utilité, sont souvent dédaignés par les utilisateurs novices ;
  • le menu applicatif, avec ses multiples rubriques imbriquées, depuis lequel lancer une application n’est peut-être pas aussi intuitif qu’on pourrait l’espérer d’un des éléments les plus importants de l’environnement ;
  • la personnalisation des tableaux de bord, notamment à travers l’ajout d’applets ou la possibilité de les placer n’importe où sur le bureau, superflue au regard du peu de gain retiré par les utilisateurs.

Outre ces défauts d’ordre ergonomique, la conception par trop modulaire de GNOME 2, loin d’apporter dans le cadre du développement d’un environnement de bureau une robustesse et une flexibilité supposées, nuit également à la cohérence de ses différents composants. GNOME 2 est en effet la réunion de plusieurs programmes tels que le tableau de bord GNOME Panel, le gestionnaire de fenêtres Metacity, le navigateur de fichiers Nautilus ou encore les divers services visibles au travers des icônes dans la zone de notifications (NetworkManager par exemple). Chacun de ces composants a été conçu indépendamment des autres et ne se comporte pas forcément de façon homogène avec l’ensemble de l’environnement, nuisant au final à l’harmonie de GNOME 2 (*).

Il est dès lors apparu clairement aux développeurs de GNOME qu’une réponse efficace et rapide à ces problématiques ne pouvait s’exprimer au travers d’une évolution de GNOME 2, mais par une réécriture complète de l’environnement dans le cadre d’une nouvelle version majeure. Les développements autour de GNOME 3 ont ainsi été initiés dès la fin 2008, en parallèle de ceux de GNOME 2.

À quoi ressemble GNOME 3 ?

Refondre complètement l’interface de GNOME selon les paradigmes énoncés plus haut a constitué à juste titre un défi énorme pour tous les contributeurs du projet GNOME. Si le risque pour ces derniers était grand de dérouter nombre d’utilisateurs conditionnés par l’interface de GNOME 2, voire de les perdre, le pari a néanmoins été pris de proposer une nouvelle expérience graphique avec en contrepartie un bureau plus intuitif, plus simple et plus efficace pour tous.

Le résultat de ce travail de longue haleine est GNOME Shell, intégré au cœur même de GNOME 3, qui se substitue non seulement à GNOME Panel, mais fait également office de gestionnaire de fenêtres : il est en effet bâti comme une extension de Mutter, un gestionnaire de fenêtres basé sur le vénérable Metacity (*) et s’appuyant sur la bibliothèque Clutter (*), tirant ainsi profit de l’accélération 3D de la carte graphique pour le rendu. GNOME Shell répond ainsi à la fragmentation de GNOME 2 en modules hétéroclites. Particularité de GNOME Shell, celui-ci est écrit en C ainsi qu’en Javascript et s’appuie aussi sur des feuilles de style CSS pour définir son apparence.

Parcourons donc immédiatement et plus en détail les différents composants de GNOME Shell.


Le tableau de bord

GNOME Shell, au cœur de GNOME 3

Ainsi qu’on peut le voir sur la figure ci-dessus, GNOME Shell comporte un unique tableau de bord statique, composé de trois parties :

  • à gauche, un bouton Activités permettant d’accéder à la vue des activités, que l’on découvrira plus loin ;
  • au centre, une horloge, qui donne accès d’un clic à un calendrier (voir ci-dessous), synchronisé comme dans GNOME 2 avec les agendas configurés dans Evolution ;
L’applet « calendrier » de GNOME Shell
  • à droite enfin (voir ci-dessous), une zone de statut donnant accès :
    • GNOME3Accessibilite.png à la configuration des outils d’accessibilité (voir la question Qu'en est-il de l'accessibilité ?) ;
    • GNOME3Son.png aux paramètres du son (au travers de PulseAudio) ;
    • GNOME3Bluetooth.png au Bluetooth, le cas échéant ;
    • GNOME3Reseaux.png aux réglages réseau (via NetworkManager) ;
    • GNOME3Energie.png à la gestion de l’énergie, sur les PC portables notamment ;
    • GNOME3Utilisateur.png aux préférences utilisateurs enfin ; ces dernières sont rassemblées au sein d’un menu permettant entre autres à l’utilisateur de définir son statut de présence pour la messagerie instantanée, d’accéder aux préférences de GNOME (voir Comment personnaliser mon environnement ?), de fermer sa session ou mettre en veille prolongée sa machine (notez que pour l’éteindre, une pression sur [Alt] fera apparaître une entrée à cette fin dans le menu).
La zone de statut et le menu utilisateur de GNOME Shell

Les activités

GNOME 3 implémente, au travers de GNOME Shell, le concept d’activités : il s’agit ici non plus de considérer l’utilisation du bureau en fonction des applications lancées ou des documents ouverts mais selon ce qu’on souhaite faire, en regroupant les outils à cette fin par activités. Vincent Untz, une des figures du projet GNOME, résume d’ailleurs ainsi ce point de vue (*) :

Ce que veulent les utilisateurs, ce n’est pas « utiliser » un environnement de bureau ! Ce qu’il veulent, c’est surfer sur le Web, lire leurs courriels, discuter en ligne, écouter de la musique, rédiger leur correspondance, créer du contenu, etc. Voilà ce qui doit nous guider ! Nous voulons rendre GNOME moins envahissant, plus intuitif, plus cohérent, ceci afin de faciliter la vie de nos utilisateurs.

Ce concept est donc visible dans GNOME Shell au travers d’une vue dédiée, accessible à la souris soit en pressant le bouton Activités en haut à gauche de l’écran, soit en déplaçant simplement le curseur dans ce coin, ou encore au clavier avec le raccourci clavier [Alt] [F1] ou la touche [Super] du clavier. Cette vue, déjà représentée plus haut, se décompose en quatre parties.

Le dash

Le dash d’applications, à la gauche de la vue, joue un double rôle en permettant à la fois :

  • de lancer ses applications favorites, faisant ainsi office de barre de lanceurs ;
  • d’accéder aux applications déjà ouvertes, se substituant à la liste des fenêtres que l’on retrouvait dans GNOME 2 ; les applications déjà en cours d’exécution sont entourées d’un halo lumineux pour les distinguer des lanceurs.

On notera d’ailleurs la similitude de ce dash en termes d’utilisation avec la barre de tâches de Windows 7.

La vue des fenêtres

La vue des activités s’ouvre par défaut sur celles des fenêtres : toutes les fenêtres ouvertes sont organisées en mosaïque de miniatures, visibles d’un simple coup d’œil. Il est également depuis cette même vue de fermer les fenêtres en survolant à la souris celle à clôturer et en cliquant sur la croix apparaissant dans le coin droit de la miniature associée.

C’est par le biais des bureaux virtuels, accessibles aussi depuis cette vue, que le concept d’activité prend également son sens : on trouve en effet sur la droite un volet surgissant au passage de la souris dessus, listant le bureau courant ainsi que ceux créés par l’utilisateur. D’un simple glisser-déposer de la miniature d’une fenêtre ouverte vers ce volet, on crée ainsi un nouveau bureau dynamiquement. Chaque bureau peut ainsi être dédié à une activité : un pour la navigation Internet, un autre pour la correspondance, ou encore le développement, etc. Pour naviguer entre les bureaux au clavier, vous pourrez utiliser le raccourci [Ctrl] [Alt] [↓] pour accéder au bureau suivant, ou [Ctrl] [Alt] [↑] pour le précédent.

La vue des applications

Cette vue rassemble toutes les applications graphiques, identifiées par leur icônes (voir ci-dessous) ; comme dans le dash, celles en cours d’exécution sont auréolées d’un halo. Un menu à droite permet de filtrer les applications par thèmes, les mêmes que ceux que l'on retrouvait dans le menu applicatif de GNOME 2. L’ajout d’applications favorites dans le dash se fait par ailleurs depuis cette vue, d’un simple glisser-déposer d’une icône d’application vers le dash.

La vue des applications

La recherche d'activités

Dernier élément constitutif de la vue des activités, un champ, en haut à droite de celle-ci, permet la recherche de ses activités, parmi les applications, les raccourcis et les fichiers ouverts récemment. Au fur et à mesure de la saisie des termes de recherche, la vue se met à jour en fonction des éléments trouvés (voir figure ci-dessous). Notons les deux boutons au bas de la vue permettant aussi via ce champ de lancer une requête sur Google ou Wikipedia, le résultat de la recherche s’ouvrant dans le navigateur.

La recherche d’activité en pleine action

Les notifications

Le système de notifications de GNOME Shell a été conçu de telle façon à ce que celles-ci perturbent le moins possible l’utilisateur dans son activité, tout en étant suffisamment visibles et accessibles. Ainsi toute notification apparaîtra subtilement en bas au centre de l’écran — là où l’utilisateur risquera le moins de cliquer dessus par accident, là où il ne risquera pas non plus, en voulant la sélectionner, d’interagir involontairement avec un élément du bureau —, son contenu étant dévoilé d’un survol dessus à la souris (voir ci-dessous).

Une notification « surgissante » de Rhythmbox


Si elle n’est pas traitée avant qu’elle s’éclipse, elle n’est pas perdue pour autant puisqu’elle est conservée (selon un mécanisme de pile) en bas à droite de l’écran, dans une zone dédiée (voir ci-dessous) surgissante par passage de la souris dans le coin inférieur droit de l’écran ; on retrouvera d’ailleurs à cet emplacement les icônes d’état d’applications qui se font finalement plus discrètes au profit des notifications, toujours dans l’optique de laisser l’utilisateur se concentrer sur ses tâches.


La zone de notifications de GNOME Shell

Mais l’intérêt de ces nouvelles notifications réside surtout dans leur intégration de la messagerie instantanée : il est en effet possible, à la notification d’un nouveau message d’un contact dans Empathy, de répondre directement dans celle-ci (voir ci-dessous), et ce sans perdre de vue encore une fois sa fenêtre en cours.

Une notification de nouveau message

La gestion des fenêtres

En tant que gestionnaire de fenêtres, GNOME Shell propose quelques nouveautés en matière d’interaction avec les fenêtres ouvertes.

Si le sélecteur d’applications est toujours accessible via le raccourci [Alt][Tab], celui-ci regroupe désormais toutes les fenêtres d’une même application (voir figure ci-dessous) ; les fenêtres en questions sont alors identifiables grâce à une vue en miniatures et pourront être sélectionnées à la souris ou par le raccourci [Alt][²]. On notera au passage la séparation entre les fenêtres du bureau courant et celle des autres bureaux par un filet discret.

Le sélecteur d’applications de GNOME Shell

GNOME Shell apporte également quelques fonctions pratiques inspirées des gestionnaires de fenêtres pavants (*) pour redimensionner les fenêtres : en déplaçant une fenêtre vers le bord gauche de l’écran, et une autre vers le bord droit, les deux fenêtres occuperont chacune une moitié de l’écran (voir figure ci-dessous), ce qui peut s’avérer utile pour des comparaisons. De même, déplacer une fenêtre vers le bord haut de l’écran (ou double-cliquer simplement sur sa barre de titre) lui fera occuper tout l’écran.

Epiphany et GNOME Terminal placés en mode « comparasion »

Enfin, une nouveauté qui paraîtra sans doute déroutante aux yeux de certains, la disparition sur les barres de fenêtres des boutons de réduction et de maximisation : ce choix est justifié (*) par le design de GNOME Shell puisque :

  • il n’y a simplement plus de liste de fenêtres directement accessible dans laquelle réduire les fenêtres ;
  • la vue des activités répond amplement au besoin d’organiser ses fenêtres, là où effectivement la réduction des fenêtres y suppléait dans GNOME 2 ;
  • le redimensionnement des fenêtres par déplacements sur les bords rend caduque un bouton de maximisation.

Ma machine pourra-t-elle exécuter GNOME 3 ?

Ainsi qu’on l’a vu précédemment, GNOME Shell tire profit, à travers Mutter, de l’accélération graphique matérielle pour ses différents effets de transparence et de transitions. Par conséquent, une carte graphique relativement récente (datant d’au plus quatre à cinq ans selon les recommandations du projet GNOME) est nécessaire, ainsi qu’un pilote pour celle-ci prenant en charge ses capacités 3D, pour exécuter GNOME Shell.

Les pilotes libres intel, radeon et nouveau devraient, sans aucune configuration particulière, prendre en charge respectivement la plupart des cartes graphiques Intel, AMD et Nvidia du marché sous Fedora 15. Néanmoins ce support libre de la 3D risque d’être partiel, voire nul, avec certains des modèles les plus récents des deux dernières marques ; dans ce dernier cas, l’installation des pilotes propriétaires constructeurs s’avèrera nécessaire. On pourra s’assurer, avant passage à GNOME 3, de la prise en charge de la 3D sur son système en lançant simplement la commande suivante :

$ glxinfo | grep "direct rendering"

Si l’accélération graphique est bien prise en charge par le système, la commande devrait retourner le message suivant :

direct rendering: Yes

Dans le cas contraire, l’installation des pilotes constructeurs, pour les cartes graphiques AMD (*) et Nvidia (*), s’imposerait ; ces derniers seront disponibles sur le dépôt logiciel RPM Fusion (*) à l’occasion de la sortie de Fedora 15.

Néanmoins, ceux qui malheureusement ne disposeraient pas du matériel ou des pilotes adéquats pour exécuter GNOME Shell pourront tout de même utiliser GNOME 3, mais en mode dégradé (voir figure ci-dessous). Ce mode est un environnement somme toute assez similaire à GNOME 2, les tableaux de bords GNOME Panel et le gestionnaire de fenêtres Metacity prenant la place de GNOME Shell, avec quelques limitations néanmoins (voir la question Pourrai-je retrouver l’ancienne interface de GNOME ?).


GNOME 3 en mode dégradé

Retrouverai-je mes applications favorites ?

GNOME ne se résume pas seulement à un environnement de bureau, mais englobe également toute une suite applicative dont les composants les plus représentatifs sont, entre autres, l’explorateur de fichiers Nautilus, le client de messagerie instantanée Empathy ou encore le lecteur de vidéos Totem. Toutes ces applications sont évidemment toujours disponibles dans GNOME 3 mais utilisent désormais la nouvelle version 3.0 de la bibliothèque graphique GTK+ ; en plus de bénéficier d’une interface de programmation consolidée pour les développeurs, cette version propose un système de thèmes basé sur la technologie CSS. Cependant, ces applications GNOME ne se distinguent pas seulement de leurs versions précédentes par le passage à GTK+ 3, mais également par quelques nouvelles fonctionnalités exclusives à GNOME 3, parmi d'autres (*) :

  • Nautilus : l’explorateur de fichiers de GNOME bénéficie d’une refonte de son interface : le panneau latéral dédié aux raccourcis occupe désormais une place prépondérante dans l’application, la barre d’état disparaît (au profit d’une bulle d’information apparaissant à la sélection d’un élément dans le coin droit en bas), et les barres d’outils et d’adresse sont fusionnées ; au passage, le raccourci pour supprimer un fichier est désormais [Ctrl][Suppr] et non plus simplement [Suppr], sujet aux suppressions accidentelles ;
Nautilus dans GNOME 3
  • Gedit : l’éditeur de texte se dote d’un nouvelle interface de recherche de texte qui n’interfère pas avec l’édition et propose également un mode de groupement des onglets permettant de visualiser plusieurs fichiers dans la même fenêtre ;
Gedit, le groupement d’onglets et la nouvelle interface de recherche
  • Epiphany le navigateur Web léger voit ses performances améliorées et supporte désormais la géolocalisation ; il inclut aussi un nouveau gestionnaire de téléchargement intégré à la fenêtre principale, inspiré de celui de Google Chrome.

Le fait que GNOME 3 repose désormais sur GTK+ 3 n’empêchera évidemment nullement les applications basées sur d’autres bibliothèques graphiques de s’exécuter dans l’environnement, qu’elles reposent encore sur GTK+ 2 (Firefox par exemple, Pidgin ou encore XChat), ou bien Qt (les applications KDE, VirtualBox ou Skype, entre autres), tout comme GNOME 2 l’autorisait. Seul bémol, les différentes applets que l’on pouvait ajouter sur le tableau de bord de GNOME 2 — GNOME Applet Sensors en est un exemple typique — ne seront ni utilisables, ni tout simplement compatibles avec GNOME 3, même en mode dégradé. Il est cependant possible qu’à l’avenir un système similaire soit mis en place dans GNOME Shell (*) , en conformité avec les impératifs d’ergonomie définis pour l’environnement.

Qu'en est-il de l’accessibilité ?

Un des objectifs du projet GNOME est de proposer un bureau utilisable par tous, et ce sans contraintes. Si l’ergonomie a été un leitmotiv dans la conception de GNOME Shell, l’accessibilité a aussi été au cœur des préoccupations de ses développeurs. GNOME Shell intègre ainsi par défaut une applet dédiée dans la zone de statut (voir ci-dessous), proposant d’un clic un menu d’activation de diverses fonctionnalités d’accessibilité telles que la loupe d’écran, les alertes visuelles ou encore le contrôle du pointeur de la souris par le clavier, ainsi que l’accès au panneau de configuration associé.

L'applet « accessibilité »

Une meilleure organisation des paramètres

En plus des différents réglages de base du menu de l’applet associée, GNOME 3 propose une interface unique de configuration des paramètres d’accessibilité revue et corrigée (voir figure ci-dessous), là où celle de GNOME 2 se contentait malheureusement de proposer des pointeurs vers les configurations du logiciel Orca, du clavier et de la souris. Signalons, pour les paramètres relatifs à la vision, le soin porté à leur accessibilité par l’utilisation d’une police de texte plus grande.

Les paramètres d'accessibilité de GNOME

Une loupe d’écran intégrée à GNOME Shell

Si les versions précédentes de GNOME proposaient, via Orca, une loupe d’écran, GNOME Shell intègre lui sa propre loupe, plus réactive car tirant parti, comme l’environnement, de l’accélération graphique, et plus agréable à l’usage grâce à un lissage du zoom. Pouvant être démarrée depuis le menu de l’applet « Accessibilité », elle autorise aussi ses propres raccourcis clavier pour cette activation ainsi pour augmenter ou réduire le facteur de zoom, depuis l’outil de configuration du clavier (voir ci-sessous), dans le panneau de configuration central de GNOME (voir la question Comment personnaliser mon environnement ?). Notez également la possibilité de limiter l’agrandissement au texte uniquement, toujours depuis le même menu.

La configuration des raccourcis de la loupe d’écran dans les paramètresclavier

Orca reste cependant toujours disponible, puisque c’est par son biais que GNOME supporte la lecture d’écran, à l’intention des non-voyants.

Comment personnaliser mon environnement ?

Pourrai-je retrouver l’ancienne interface de GNOME ?

Le projet GNOME a décidé de ne pas maintenir la branche 2 de l’environnement pour mieux se concentrer sur les prochaines versions de GNOME 3. Si certaines distributions Linux projettent néanmoins de continuer à maintenir et proposer à l’installation la dernière version 2.32 de GNOME 2, il n’est en revanche pas dans les intentions du projet Fedora de fournir GNOME 2 en parallèle de GNOME 3, conformément à sa politique d’innovation constante.